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Mes films préférés de 2014

Cinéma

Je visionne beaucoup de films et l’année 2014 fut un excellent cru. Parmi mes préférés, certains sont sortis discrètement voire pas du tout dans les salles belges. Je tenais à faire une liste de tous les films sortis cette année qui m’ont marqué, avec mon avis personnel. Ceci est bien entendu totalement subjectif et il est possible que vous détestiez certains d’entre eux, mais je serai néanmoins ravi si j’arrive à vous faire découvrir quelques perles. Voici donc la liste de mes 18 films favoris de 2014, sans ordre particulier.

Birdman

Birdman est le nouveau film d’Alejandro Gonzalez Inarritu, réalisateur mexicain au parcours cinématographique jusqu’ici sans faute. Il raconte la vie de Riggan (Michael Keaton), acteur paumé un brin dépressif, célèbre pour avoir jadis incarné un super-héros au cinéma, qui tente de prouver qu’il peut être un véritable acteur en montant une pièce de théâtre à Broadway. La quasi-totalité du film nous montre l’histoire de son point de vue, nous faisant même entendre sa voix intérieure et voir ses hallucinations. C’est visuellement impressionnant, filmé caméra à l’épaule sous la forme d’un seul plan continu du début à la fin, qui assure une fluidité remarquable au scénario. Les acteurs sont tous impeccables, avec une mention spéciale pour Emma Stone en fille rebelle et Edward Norton en acteur impulsif et obsessionnel. On y voit aussi Zach Galifianakis relativement méconnaissable dans un rôle plus sérieux qu’à son habitude. La musique consiste uniquement en des percussions et donne un cachet particulier au film tout en se faisant discrète quand il le faut. C’est également un captivant hommage au métier d’acteur, nous montrant en permanence l’envers du décor. “Birdman” plaira sûrement au plus grand nombre même s’il ravira surtout les amateurs d’intrigue vacillant entre réalisme et surréalisme.

Predestination

Predestination est un film original sur le thème du voyage dans le temps. L’effet de surprise est son atout majeur donc évitez à tout prix de vous renseigner sur l’histoire avant de le regarder. Sachez simplement qu’il s’agit d’un film passionnant dont le scénario est construit autour d’un paradoxe temporel, mettant en scène un agent à l’aube de la retraite (Ethan Hawke) chargé d’une ultime mission consistant à arrêter un terroriste insaisissable en voyageant à travers les époques. L’histoire s’assemble comme un puzzle et la majorité du début du film est constituée de flash-backs permettant de mieux cerner les personnages, tandis que la deuxième partie est une sorte d’enchaînement implacable d’événements. Après l’avoir vu, “Predestination” mettra probablement à mal votre cerveau et vous fera réfléchir pendant un certain temps sur ce que vous venez de voir. Si vous n’aimez pas les paradoxes et les films de type “mind-fuck”, évitez de le regarder car vous allez probablement rejeter l’histoire en bloc. Les effets spéciaux et les scènes d’action sont peu nombreux mais tout le film est porté par son histoire originale et le jeu de ses quelques acteurs, en particulier Sarah Snook qui est méconnaissable et époustouflante. Ce film peut également être interprété comme une réflexion profonde et traumatisante sur la solitude.

The Grand Budapest Hotel

The Grand Budapest Hotel est le dernier film de Wes Anderson au moment où j’écris ces lignes, et probablement l’un de ses meilleurs. Il s’inscrit directement dans la lignée de ce que fait habituellement ce réalisateur de talent, à savoir qu’il met en scène des personnages hauts en couleur sur le ton de la comédie et de l’aventure avec des visuels à la symétrie parfaite et aux mouvements de caméras à la précision chirurgicale. Chaque image fourmille également de détails et de contrastes ce qui rend déjà ce film très attrayant rien que pour son aspect artistique et technique. À noter aussi que le format des images alterne entre le 4/3 pour les scènes se déroulant dans le passé et le 16/9 pour les scènes du présent. L’histoire retrace le parcours de Gustave H. (Ralph Fiennes), concierge d’un prestigieux palace au début des années 1930 qui va se retrouver impliqué avec son jeune apprenti “Zero” dans une sombre histoire d’héritage et de complot. Poursuite à ski, fusillade, évasion de prison: tous les ingrédients sont présents pour rendre cette aventure mémorable. On y retrouve l’ensemble des acteurs habituels des films d’Anderson ainsi que quelques nouvelles têtes et chacun incarne parfaitement son personnage. La musique est vivante avec une petite touche féérique, composée en grande partie de sonorités de balalaïkas qui lui procure un charme ancien. Un film rafraîchissant destiné à toute la famille, qui se regarde comme on déguste une friandise.

Nightcrawler

Nightcrawler décrit l’ascension de Lou Bloom (Jake Gyllenhaal), un ambitieux petit escroc de Los Angeles devenu reporter cameraman filmant des scènes d’accidents et de crimes pour les revendre à une chaîne de TV locale, Channel 6. Le film met en avant le caractère manipulateur et impitoyable du personnage et montre la frontière ténue entre entrepreneur à succès respecté et véritable psychopathe. Contrairement à la caméra de Lou qui reste pointée sur les images choc qu’il capte, dénuées de tout contexte, la caméra du réalisateur Dan Gilroy (qui signe ici son premier film) se détourne pour nous montrer le visage fasciné et souriant de Lou qui n’éprouve aucun remords à manipuler des scènes de crime à son avantage ou cacher des informations à la police. Il est également incapable d’empathie pour les autres personnages du film qu’il côtoie, à savoir son assistant sous-payé Rick (Riz Ahmed) sur lequel il passe ses nerfs et la directrice des programmes de Channel 6, Nina (Rene Russo, épouse de Gilroy) qu’il tente de séduire de façon assez misérable bien qu’elle soit fascinée par son “talent”. Vous l’aurez compris, Gyllenhaal porte tout le film a lui tout seul et aurait mérité une nomination aux Oscars pour ce rôle. Le film est également une piquante satire du monde des média de l’information qui déforme complètement la réalité pour faire dans le sensationnalisme pur. Les images sont impeccables, avec des plans de caméra parfois impressionnants pendant les quelques scènes d’action et comportent de beaux plans de conduite de nuit qui rappellent ceux de “Drive”. La musique est discrète, composée majoritairement de guitares électriques et souligne bien les moments importants de l’histoire. Nightcrawler est un film relativement violent au message important.

Coherence

Coherence est un film de science-fiction qui n’en est pas vraiment un. Il est caractérisé par une histoire complexe et un très petit budget, ce qui le rend semblable à “Primer”. Il se déroule à notre époque et ne comporte pas d’effets spéciaux numériques. Là où Primer décrivait le voyage dans le temps de façon quasi-scientifique, Coherence décrit la possibilité de l’existence de plusieurs univers parallèles. Un groupe de 8 amis aux relations complexes se donne rendez-vous pour une soirée chez l’un deux, lorsqu’une comète passe et va provoquer une panne électrique et perturber la réalité autour d’eux. Ils vont alors commencer à enquêter sur leur voisinage et découvrir des choses sur leurs amis et les événements passés et futurs de leur soirée agitée. Même s’il n’y a pas de notion de voyage dans le temps, la chronologie est particulière et importante. L’histoire est un véritable puzzle qui demande d’être attentif/attentive en permanence pour comprendre ce qui se passe à l’écran. Bien que complexe, le film ne nécessite qu’une seule vision pour être compris, même si une deuxième vision vous révélera des détails importants de l’histoire que vous manquerez sûrement la première fois. La majorité des scènes se déroule en intérieur et est filmée caméra à l’épaule, ce qui accentue la sensation de huis clos et la paranoïa qui forment le coeur de ce film. Les acteurs ne brillent pas particulièrement mais remplissent leur rôle. Une bonne surprise pour les amateurs de casse-tête et de drames relationnels.

Interstellar

Interstellar était le blockbuster cérébral à voir en fin d’année. Il s’agit du dernier film de Christopher Nolan (réalisateur de “The Dark Knight” et “Inception”), encore co-écrit avec son frère, qui s’essaye ici à la science-fiction spatiale “humaniste”. En effet, ce film s’intéresse plus au sort de l’humanité et aux relations des différents personnages, en particulier par rapport au temps qui s’écoule de façon différente entre eux, qu’à l’exploration spatiale elle-même. Interstellar nous raconte l’histoire d’un brillant pilote (Matthew McConaughey) qui décide d’abandonner sa fille adorée (et son fils dont il s’en fout) pour partir en mission spatiale privée à la découverte d’une nouvelle planète habitable ce qui permettrait de sauver l’humanité mourant à petit feu sur une terre empoisonnée. Le rythme est lent, en particulier au début du film quand les personnages sont présentés avec de nombreux détails à priori sans aucun rapport avec la quête spatiale qui va suivre mais qui prendront tout leur sens (si on peut dire) à la fin. Le moment clé de la fin apporte d’ailleurs une explication métaphysique tirée par les cheveux à l’histoire, à la manière d’un film de M. Night Shyamalan, et ne plaira pas à tout le monde. Les fans de SF noteront qu’Interstellar comporte de nombreuses références à 2001 telles que l’aspect des vaisseaux, mais aussi à Rama (une autre série d’Arthur C. Clarke) et les effets spéciaux sont impeccables et au service de l’histoire et non l’inverse. Les paysages des planètes visitées sont à couper le souffle. La musique de Hans Zimmer est comme toujours magistrale, composée d’orgues parfois assourdissants et restera probablement dans votre tête quelques heures ou quelques jours après votre vision du film. Dans l’ensemble c’est un bon Nolan même s’il faut admettre que l’histoire est au final assez bateau et que le film n’innove pas beaucoup.

Under the Skin

Attention: Under the Skin est un OVNI, un film expérimental et étrange sorti ne nulle part. Ca tombe bien, il parle justement d’une extra-terrestre dont on ne sait rien qui arrive sur terre pour consommer des humains après avoir pris une apparence humaine. Elle est interprétée de façon fascinante par Scarlett Johansson qui tient ici l’un de ses meilleurs rôles. Oubliez donc ses prestations dans “Lucy” ou “Captain America 2” sortis également cette année. Notre extra-terrestre, Laura, se balade au volant d’une camionnette en Écosse, repère ses proies, les séduit, et finit par les emmener dans sa tanière à l’intérieur d’une maison abandonnée, un lieu hors de notre dimension où elles finiront réduites à l’état d’enveloppes charnelles. L’aspect visuel du film est très léché, en particulier durant ces scènes de mort qui sont esthétisées à l’extrême avec des effets qu’on voit rarement au cinéma. Les plans sont longs et contemplatifs et nous mettent presque dans la peau de Laura: on observe la vie suivre son cours dans les rues d’Écosse d’un point de vue complètement détaché, comme si on redécouvrait la race humaine. Tout d’abord totalement insensible, Laura va progressivement faire des expériences et maladroitement tenter d’éprouver de l’empathie pour ces humains dont elle ne sait rien. L’inquiétante musique de Mica Levi contribue beaucoup à l’ambiance glauque et bizarre de l’ensemble. Lent et dérangeant, ce petit bijou ne conviendra certainement pas à tout le monde mais son atmosphère unique et son interprétation captivante nous faisant redécouvrir notre propre humanité en font un film à expérimenter par tous les amateurs de cinéma.

Gone Girl

Gone Girl est un thriller de David Fincher, adapté du livre “Les apparences” de Gillian Flynn. Si vous connaissez Fincher, vous savez qu’il s’y connaît dans le domaine du thriller, et ici encore il ne déçoit pas. On suit l’histoire de Nick Dunne (Ben Affleck) qui enquête sur la disparition de sa jolie et mystérieuse femme Amy (Rosamund Pike) le jour de leurs 5 ans de mariage. Le couple, en apparence modèle, révèle tous ses secrets au fil de l’enquête ce qui change complètement la donne à plusieurs reprises durant le film. C’est là l’atout principal de “Gone Girl”: son suspense croissant et ses révélations qui imposent une remise en question de tout ce qui a été vu précédemment jusqu’à la moitié du film où l’histoire prend véritablement son envol. Celle-ci explore avec brio les thèmes du mensonge, de la manipulation ultime et de la trahison et offre au passage une critique implacable des médias qui couvrent l’enquête du début à la fin. La mise en scène est efficace, la musique est discrète mais souligne bien les scènes-choc et les acteurs sont convaincants, en particulier Rosamund Pike. Un thriller qui fera date.

The Raid 2

Quand j’ai enfin eu la chance de voir The Raid 2 de Gareth Evans, j’ai été subjugué. Il s’agit probablement du meilleur film d’action de ces 10 dernières années. L’histoire suit toujours Rama, policier solitaire héros du premier film du même nom qui doit cette fois s’infiltrer dans la mafia indonésienne après être passé par la case prison afin de gagner la confiance du fils d’un chef de gang. Là où le premier film disposait d’un budget limité et se déroulait intégralement dans un immeuble, The Raid 2 explose tous les compteurs et capture les environnements les plus variés avec une photographie impeccable. Chacune des nombreuses scènes d’action du film est culte, chorégraphiée au millimètre près, mise en scène de façon exceptionnelle et présente des combats originaux d’une violence débridée (âmes sensibles s’abstenir). Il suffit de regarder les vidéos de making-of de ces scènes pour terminer de se convaincre de la passion animant l’équipe qui a réalisé ce film et de l’énorme travail accompli. La qualité des scènes de combat repose presqu’intégralement sur la performance de l’acteur fétiche d’Evans, Iko Uwais, qui enverrait Bruce Lee se rhabiller. Le meilleur est gardé pour la fin, où notre héros va devoir affronter à lui seul tour à tour tous les assassins les plus charismatiques du film, un peu comme un jeu vidéo se terminant par un enchaînement de boss. Il a fallu 6 semaines au réalisateur pour mettre au point la dernière scène de combat qui dure 6 minutes. Si vous êtes amateur du genre, The Raid 2 est votre nouvelle escale obligatoire.

The Lego Movie

“Everything Is Awesome !” Voilà une chanson que vous aurez du mal à sortir de votre tête après avoir vu le déjanté “The Lego Movie”. C’est à mon humble avis le film d’animation le plus réussi de l’année, devant les très classiques “How To Train Your Dragon 2” ou “Big Hero 6” qui lui ont injustement volé la vedette aux Oscars. Ce film Lego raconte une histoire totalement imprévisible avec une galerie de personnages plus improbables les uns que les autres: Batman, C-3PO, un mage, un chat-licorne, … Le tout est servi par des images superbes et des voix d’acteurs connus tels que Morgan Freeman, Liam Neeson, Chris Pratt ou Will Ferrell. L’histoire suit Emmet, le personnage Lego en apparence le plus banal et ordinaire, qui est désigné comme l’élu qui sauvera l’univers Lego de la tyrannie de “Lord Business” et son armée de robots. Les réalisateurs et scénaristes de ce petit bijou d’originalité ne sont autres que Phil Lord et Chris Miller, à qui on doit déjà l’excellent “Cloudy with a Chance of Meatballs” (premier du nom). Les qualités les plus admirables de ce film sont sa capacité à surprendre en permanence, son humour décalé, ses nombreuses références cinématographiques et culturelles et le message qu’il véhicule pour nous dire de garder notre âme d’enfant. Paradoxalement, le méchant du film symbolise le capitalisme et la société de consommation, alors que Lego est précisément l’une des marques de produits les plus puissantes au monde. Autodérision ou plan de domination machiavélique? Je vous laisse juger par vous-même mais ce qui est certain c’est que ce film d’animation par moments éreintant a la capacité de distraire, faire sourire et émerveiller comme pas deux.

Jodorowsky’s Dune

Jodorowsky’s Dune est un documentaire captivant destiné à tous les amateurs du septième art. Le réalisateur chilien anticonformiste Alejandro Jodorowsky nous raconte sa carrière et en particulier le film de sa vie: sa tentative d’adaptation du fameux roman de science-fiction “Dune” de Frank Herbert dans les années 1970. Ce documentaire fascine pour bien des raisons: tout d’abord pour la personnalité singulière de Jodorowsky, son enthousiasme et sa foi démesurée en ce projet (“We will change the world !”), et l’équipe d’artistes bourrés de talent qu’il a réussi à réunir autour de lui: Jean Giraud (Moebius), Orson Welles, les Pink Floyd, Mick Jagger, Salvador Dali et un artiste suisse encore inconnu à l’époque: H.R. Giger. Il nous présente enfin le résultat de ce long travail de pré-production: le volumineux script et ses storyboards de ce film beaucoup trop ambitieux pour son époque (sans compter qu’il aurait duré 14h) dont une copie fut envoyée à chaque studio et inspira d’autres films tels qu’Alien, Star Wars ou Terminator. La seule façon de rendre vraiment justice à “Jodorowsky’s Dune” est de le regarder vous-même et si vous aimez le cinéma, la science-fiction ou les Artistes avec un grand “A”, nul doute que vous tomberez sous son charme.

Edge of Tomorrow

“Vivre, mourir, répéter”: le slogan du film résume bien l’idée de base de son scénario. Nous avons droit ici à un blockbuster d’été, qui pour une fois est un blockbuster intelligent au scénario très bien ficelé. Cela fait plaisir de revoir Tom Cruise tenir le rôle-titre dans un bon film de science-fiction après le décevant Oblivion de 2013. Il interprète William Cage, un commandant de l’armée n’ayant jamais combattu de sa vie, envoyé au casse-pipe pour affronter des extra-terrestres ayant envahi la terre dans un futur proche. Il mourra rapidement mais reviendra ensuite une journée dans le passé à sa plus grande surprise, condamné à revivre encore et encore les mêmes moments jusqu’à sa mort/résurrection quasi-inéluctable. Il va alors s’améliorer au combat et mener son enquête sur ce qui lui arrive et comment mettre fin à la menace extra-terrestre, en recrutant au passage de façon répétée et accélérée sa mystérieuse partenaire Rita Vrataski (Emily Blunt) à qui il est arrivé une expérience similaire dans le passé. Outre les effets spéciaux impressionnants et les scènes d’action futuristes qui répondent parfaitement aux attentes d’un tel blockbuster, le film excelle surtout dans sa narration très particulière et son humour omniprésent. Certes le concept de boucle temporelle n’est pas nouveau et a été popularisé au cinéma avec le film “Groundhog Day” en 1993, mais ici l’effet de surprise est permanent et les ellipses et l’humour de répétition sont toujours bien utilisés. L’aspect le plus intéressant du scénario est que lorsqu’une nouvelle scène est dévoilée, le spectateur, qui s’identifie souvent à Rita qui vit tout pour la première fois, ne sait jamais si le héros l’a déjà vécue auparavant et répète un plan pré-établi ou s’il improvise totalement, ce qui donne lieu à des situations assez rocambolesques. Un cocktail efficace de science-fiction, d’action et de second degré.

Blue Ruin

Blue Ruin est un thriller sombre racontant le destin d’un homme en quête d’identité et de vengeance. Cet homme c’est Dwight (Macon Blair), qui vit comme un vagabond et dort dans sa voiture depuis des années jusqu’à ce qu’il apprenne que l’assassin présumé de ses parents, Wade, va être libéré de prison. Il décide alors de le suivre pour accomplir sa vengeance. Ceci va mettre en place un enchaînement d’événements menant à une véritable guerre entre lui et la famille de Wade, alors qu’il redécouvre peu à peu qui il est et qui étaient ses parents. Macon Blair interprète de façon singulière et mémorable cet homme blessé qui tente de reprendre le contrôle de sa vie au prix d’actes de violence auxquels il n’est pas habitué. Le film est plutôt lent, intense et ponctué de scènes brutales et gore à la limite du burlesque, ce qui a pour effet de maintenir le spectateur en état de tension permanente. Blue Ruin dresse de façon plus générale le portrait désabusé d’une société américaine en dérive et sa relation particulière aux armes à feu. La photographie est tout simplement superbe, ce qui est d’autant plus remarquable que le directeur de la photographie n’est autre que le jeune réalisateur et scénariste du film, Jeremy Saulnier. On attend avec impatience son prochain projet.

The Congress

Dans The Congress d’Ari Folman (“Valse avec Bachir”), Robin Wright interprète son propre rôle. Sauf qu’ici, elle n’est pas une actrice à succès qui joue dans “House of Cards” mais une actrice sur le déclin, contrainte par son studio à prendre sa retraite après avoir accepté d’être intégralement “scannée” numériquement afin de créer un double numérique qui jouera dorénavant à sa place. Elle profite alors de son temps libre pour s’occuper de son fils atteint d’une grave maladie. 20 ans plus tard, elle est invitée au congrès de futurologie organisé par le même studio qui a évolué en puissante multinationale désormais également active dans l’industrie pharmaceutique. Lors de ce congrès, une drogue révolutionnaire est présentée, qui plonge les gens dans des hallucinations collectives ayant l’aspect de dessins animés où chacun peut devenir qui il souhaite. C’est là que le film part complètement en vrille et se transforme en film d’animation qui tient plus du gros trip sous LSD qu’à du Walt Disney. On peut aimer ou détester, mais les images oniriques présentées ne laissent pas indifférent et l’animation est d’une grande beauté. Malgré quelques longueurs et situations bizarres et une narration qui met parfois le spectateur en déroute, il y a beaucoup à apprécier dans l’univers de The Congress. On y croise aussi de nombreuses références à des personnalités ou acteurs connus. S’il est dommage que le film explore peu l’idée de départ de l’actrice remplacée par son double numérique, il se rattrape en nous présentant un univers futuriste où les multinationales ont pris le contrôle de l’humanité, qui préfère échapper à la dure réalité et fuir ses responsabilités par la consommation de masse. Certes les idées présentées ne sont pas nouvelles mais leur mélange détonant avec l’univers visuel très particulier de ce film en valent le détour.

Dallas Buyers Club

C’est l’histoire d’un cowboy du Texas qui brûle la vie par les deux bouts dans les années 1980. Ron Woodroof (Matthew McConaughey) aime le rodéo, le jeu, les femmes et l’alcool. Sa vie de marginal lui convient bien jusqu’à ce qu’elle bascule après qu’on lui annonce qu’il est séropositif et n’a plus que 30 jours à vivre. À l’époque le SIDA est tabou, peu connu des médecins et associé principalement à l’homosexualité. Ron, qui est plutôt du genre homophobe au caractère bien trempé, rejette d’abord violemment son diagnostic puis va se retrouver malgré lui dans un milieu radicalement différent de ce qu’il connaissait. Il va apprendre à accepter son état, à survivre et à se battre pour les gens que jadis il méprisait tant. Grâce à sa ruse il va dénicher des bons plans pour traiter la maladie et mettre sur pied un petit business officieux de soins aux malades, concurrençant au passage les hôpitaux qui ne le voient pas d’un très bon oeil. Il sera soutenu et aidé par un transsexuel drogué nommé Rayon (Jared Leto) et un médecin rebelle à qui il fait du charme (Jennifer Garner). Tout le film repose sur les prestations magistrales de McConaughey et Leto qui n’ont pas hésité à devenir squelettiques pour être plus crédibles dans leurs rôles. À tel point que quand on voit Ron s’évanouir à l’écran, on a vraiment mal pour lui. Oscars amplement mérités pour les deux acteurs, donc. McConaughey, très en forme en 2014 (on l’a aussi vu dans “True Detective” et “Interstellar”), remporte ici le prix du meilleur acteur. Jared Leto quant à lui ressort vainqueur dans la catégorie “meilleur second rôle masculin” pour ce rôle plutôt féminin. C’est pour eux qu’il faut voir ce film qui devrait restaurer votre foi en l’humanité.

Snowpiercer

Quand j’ai vu les affiches de ce film lors de sa discrète sortie en salles chez nous, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un film pour enfants traitant une nouvelle fois du thème du train partant à l’aventure dans des paysages enneigés. Mais ne le confondez surtout pas avec le “Polar Express”: Snowpiercer est un film adulte, violent et parfois sanglant. Il s’agit de l’adaptation assez libre d’une bande dessinée française de science-fiction post-apocalyptique. Le réalisateur n’est autre que Bong Joon-ho (“Memories of Murder”, “The Host”) qui signe encore ici un grand film captivant. L’idée de base est simple mais efficace: un train en mouvement perpétuel transporte les derniers survivants de l’humanité après qu’une catastrophe climatique ait plongé la terre dans une nouvelle ère glaciaire. Les luxueux wagons de tête accueillent les plus hautes classes de la société, tandis que les pauvres et les miséreux s’entassent dans les wagons de queue sans fenêtres, sous contrôle militaire. Parmi ces pauvres, un certain Curtis (Chris Evans, qui joue enfin autre chose que Captain America) lance une rébellion et tente de mener un groupe jusqu’à l’avant du train afin de prendre le contrôle de la locomotive. Leur parcours sera évidemment semé d’embûches et de rencontres. La structure très linéaire du scénario qui progresse de wagon en wagon révèle un deuxième niveau de lecture beaucoup plus riche qui reflète les différentes facettes de l’humanité à travers ce microcosme. Le film comporte pas mal d’incohérences (notamment dans la conception du train) mais on lui pardonnera volontiers, principalement grâce à son atout majeur qui est son style graphique très fouillé. La mise en scène et les décors sont magnifiques, à commencer par le train lui-même qu’on voit à peine au début et qui se dévoile petit à petit dans toute sa splendeur, chaque wagon ayant sa propre identité visuelle. Le tout est ponctué de quelques scènes d’action très inventives, dont un combat dans le noir et une fusillade dans un virage. Enfin, la musique de Marco Beltrami colle parfaitement à l’image et sait se faire discrète pour mieux ponctuer certains passages. Snowpiercer est un petit bijou qui a de quoi séduire tout amateur de cinéma post-apocalyptique.

Whiplash

À seulement 19 ans, Andrew est passionné de jazz et intègre la plus prestigieuse école de musique du pays dans le but de devenir l’un des meilleurs batteurs de sa génération, à l’image de son idole Buddy Rich. Il parvient à attirer l’attention de Terence Fletcher, qui dirige le meilleur orchestre de l’école, et à intégrer son groupe. Il va vite découvrir que Fletcher est un professeur tellement strict et intraitable qu’on pourrait facilement le confondre avec un psychopathe en puissance et la formation d’Andrew va rapidement se transformer en un long sentier de torture entre excellence, humiliations et insultes. Il faut souligner aussi que le vocabulaire fleuri de Fletcher n’a rien à envier à celui du sergent instructeur Hartman dans “Full Metal Jacket”. Malgré cela, notre héros est prêt à tout pour atteindre le sommet, même s’il doit y laisser sa santé mentale et sa petite amie et finir les répétitions en sueur avec les mains en compote. Il va y avoir du sang sur les cymbales ! Whiplash est un film aussi original qu’inattendu, qui prend directement aux tripes avec sa musique percutante de bout en bout et ses deux acteurs habités par le Démon. Si les amateurs de jazz en feront indubitablement un de leurs films de chevet, il n’est pas nécessaire d’aimer ce type de musique pour apprécier son message universel qui parle de passion, d’obsession et de la limite ténue entre perfectionnisme et cruauté pure. Le scénario réserve également quelques retournements de situation qui devraient vous tenir en haleine jusqu’au bout et la mise en scène est impeccable. Parviendrez-vous à suivre le tempo jusqu‘à la fin ?

Dead Snow 2

Dead Snow 2 était parfaitement calibré pour la 32e édition du festival du film fantastique de Bruxelles (BIFFF) où j’ai eu l’occasion de le voir dans une salle chauffée à bloc. On parle ici d’une comédie d’horreur norvégienne totalement délirante mettant en scène des zombies nazis; qui est donc destinée à un public particulier. Suite au succès du premier opus qui avait peu de moyens et se déroulait aux abords d’une cabane isolée en montagne, le réalisateur Tommy Wirkola a gagné en reconnaissance et a pu réaliser cette suite beaucoup plus ambitieuse et beaucoup plus réussie. Seul survivant du premier film, Martin (Vegar Hoel) échappe de justesse aux assauts des soldats zombies en y laissant un bras. Il se réveille ensuite à l’hôpital avec un bras de zombie ensorcelé surpuissant greffé par erreur à la place du sien, ce qui va pas mal l’importuner dans un premier temps. Mais cela va également lui apporter quelques avantages au combat tels que la possibilité de balancer des uppercuts à rendre Obélix jaloux. Alors que les zombies nazis descendent sur la ville avec toujours à leur tête l’infâme Standartenführer Herzog et commencent à terroriser les habitants, Martin décide d’en finir une fois pour toutes et envoie également un appel à l’aide à la “Zombie Squad”, qui se révèle être une bande de nerds américains totalement inexpérimentés mais très motivés. Chocs des cultures américaines et norvégiennes, clins d’oeils et références geeks à tout-va, gags trash à répétition, combats spectaculaires, hectolitres de sang et détournement de toutes les règles de bienséance au cinéma font de ce film un sommet du genre à ne manquer sous aucun prétexte par les amateurs. Et j’oubliais: il y a aussi un tank !

Mentions honorables

Voici des films que je n’ai pas mis dans ma liste car ils ne m’ont pas tout-à-fait convaincu, mais qui peuvent être considérés comme de bons films:

Le top du pire

Bien entendu, 2014 a également vu naître une quantité non négligeable de navets infâmes. Voici rapidement la liste des pires films que j’ai vus:

“I, Frankenstein”, “Robocop”, “Transcendence”, “Brick Mansions”, “The Amazing Spider-Man 2”, “Anna”, “Willow Creek”, “The Purge: Anarchy”, “Transformers 4”, “Ninja Turtles”, “The Possession of Michael King”.

Il y en a encore probablement beaucoup d’autres que j’ai pris le soin d‘éviter de regarder, tels que “Hercules”, “Sex Tape”, “Winter’s Tale”, “Annie”, “Dumb and Dumber To” … on touche souvent le fond. Et je ne vous parle même pas des comédies françaises.

J’espère que cette liste vous a plu et j’attaque la sélection 2015 !

iPhone 6 et iOS 8

Apple

Il est temps de refaire un bilan de l‘écosystème mobile d’Apple en 2014 suite à l’annonce de sa nouvelle gamme de téléphones mobiles dévoilés le 9 septembre dernier et disponibles quelques jours plus tard. Je vous propose une analyse personnelle détaillée et nuancée de ces produits, au-delà du matraquage marketing traditionnel. J‘éviterai volontairement de parler de l’Apple Watch à laquelle je réserve un futur article après sa sortie.

La gamme iPhone 2014 se décline sous la forme de deux nouveaux modèles: l’iPhone 6 et l’iPhone 6 Plus. En réalité, ils pourraient s’appeler iPhone 8 et 8 Plus puisqu’il s’agit déjà de la huitième génération d’iPhone et que les deux modèles sont d’ailleurs mûs par un SoC Apple A8. Le nouveau CPU est 25% plus rapide que celui de la génération précédente, tandis que le GPU est environ 50% plus véloce. Il s’agit d’une évolution de puissance finalement assez modeste, raison pour laquelle l‘équipe marketing d’Apple préfère dire que l’iPhone 6 est jusqu‘à 50x plus rapide que le premier iPhone sorti il y a 7 ans. Malgré tout, les iPhone 6 et 6 Plus étaient les téléphones les plus puissants au moment de leur sortie (surtout au niveau graphique), bien que la concurrence les ai déjà égalés quelques temps plus tard avec notamment la sortie de nouveaux téléphones Android basés sur la puce nVidia K1.

Nouvelles tailles et vieilles recettes

Ce qui distingue avant tout ces iPhone 6 et 6 Plus, c’est bien entendu leur forme et leurs tailles d‘écran. Alors que l’iPhone 5S possède un écran 4 pouces, l’iPhone 6 arbore fièrement un écran de 4,7 pouces et le 6 Plus un écran de 5,5 pouces. Ils sont dotés d’une coque plus mince, tout en aluminium. Au niveau de la taille et du poids, l’iPhone 6 est comparable à de nombreux téléphones Android tels que le Nexus 5 de Google. L’iPhone 6 Plus quant à lui rentre plutôt dans la catégorie phablette comme un Samsung Galaxy Note 3. Ce genre de téléphone est plus difficile à manipuler à une main ou à mettre dans une poche.

La première réaction de nombreux utilisateurs d’iPhone fut de critiquer ces nouvelles tailles qu’ils jugeaient trop élevées, préférant rester fidèles au traditionnel écran 4 pouces de la génération précédente. Steve Jobs lui-même disait en 2010 en se moquant de la concurrence que personne n’achèterait un grand téléphone et Apple était même allé jusqu‘à créer en 2012 une publicité pour l’iPhone 5 qualifiant le choix de la taille d‘écran de 4 pouces de “bon sens” car parfaitement étudiée pour un usage à une main:

Force est de constater qu’aujourd’hui la tendance (bonne ou mauvaise) est aux écrans plus grands pour les appareils haut de gamme et qu’Apple a finalement cédé pour suivre le reste du marché. Ce qui est certain c’est que l’argument “Ton téléphone Android est trop grand, l’iPhone a la taille idéale” est devenu invalide.

Ces deux nouveaux écrans d’iPhone sont labellisés “Retina HD” par les équipes marketing d’Apple, ce qui laisse sous-entendre que la densité de pixels est plus élevée que sur les écrans simplement “Retina”. Sachant qu’Apple a défini le terme Retina comme étant “la densité suffisante pour que la pixellisation soit imperceptible par l’oeil humain”, le fait qu’ils sortent à présent des écrans plus denses est déjà un aveu que finalement on pouvait faire mieux et que la différence se voit bel et bien à l’oeil nu. Les concurrents l’avaient déjà compris en incorporant dans leurs modèles des écrans plus denses que celui de l’iPhone depuis environ 2 ans.

Mais en réalité, l‘écran 5 pouces de l’iPhone 6 affiche 1334×750 pixels et possède la même densité de pixels que les écrans des iPhone 4, 4S, 5 et 5S (soit 320 pixels par pouce); il est simplement plus grand. Seul l’iPhone 6 Plus “mérite” la dénomination Retina HD avec une densité plus élevée de 400 pixels par pouce (1920×1080 pixels).

Même si ces écrans affichent de belles couleurs et un excellent contraste, je trouve personnellement que la finesse d’affichage de l‘écran de l’iPhone 6 déçoit face à celle du LG Nexus 5. Ce dernier, sorti l’année dernière au prix de 350€, affiche le même nombre de pixels que l’iPhone 6 Plus (1920×1080) tout en possédant la même taille et le même poids que l’iPhone 6; il présente donc une densité de pixels plus élevée que Retina HD (440 ppi) dans un format bien plus compact qu’une phablette. À taille d‘écran égale, les téléphones Android sont d’ailleurs souvent plus compacts que les iPhones car ils ne possèdent généralement pas de bouton physique en façade, remplacé par des boutons virtuels à l‘écran.

iPhone 6 vs Nexus 5

À propos du fameux bouton physique en façade de l’iPhone, celui des iPhone 6 intègre également le lecteur d’empreintes digitales Touch ID déjà présent dans l’iPhone 5S, permettant d’identifier son utilisateur.

J’ai également été surpris d’apprendre que les iPhone 6 et 6 Plus n’embarquent que 1 Go de mémoire vive (RAM), soit la même quantité que dans l’iPhone 5 sorti en 2012. La quantité de mémoire vive est généralement liée au nombre de pixels affichés à l‘écran et l’iPhone 6 Plus en affiche clairement plus que les précédents modèles. À titre de comparaison, les Samsung Galaxy S4 et LG Nexus 5 (de 2013) possèdent 2 Go de RAM. Vu le prix élevé de l’iPhone 6 Plus, je pense qu’Apple aurait pu faire un effort pour loger au moins 1 Go de RAM supplémentaire dans son téléphone le plus haut de gamme. La marque étant pourtant réputée pour la longévité du support de ses appareils via des mises à jour logicielles, je vois assez mal l’iPhone 6 faire fonctionner correctement les derniers jeux et logiciels sous iOS 10 dans 2 ans.

Plié de rire

Le nouveau design de l’iPhone 6 offre une cure de jouvence bienvenue à la gamme. Les lignes sont inspirées de celles des derniers modèles d’iPad ou encore de l’iPod Touch et le bouton d’alimentation est maintenant placé sur la droite au lieu du haut, afin de pouvoir y accéder plus facilement à une main malgré l’augmentation de la taille des deux appareils. La qualité de construction est exemplaire.

Malgré cela, de grosses rumeurs se sont rapidement répandues sur la toile comme quoi l’iPhone 6 Plus plierait trop facilement dans une poche, causant des dégâts irréversibles. S’en sont suivies des images et vidéos parodiques en tous genres et des blagues comme:

Savez-vous pourquoi l’iPhone 6 se plie ? Parce que l’Apple Store !

Après 2 semaines de railleries, Apple a fini par répondre à ces rumeurs de Bendgate en expliquant que seuls 9 cas d’iPhone pliés avaient été signalés et que l’iPhone 6 Plus ne plie pas plus qu’un autre téléphone. Il faut dire qu’en 2010 la firme avait déjà souffert d’une mauvaise publicité lors du lancement de l’iPhone 4 avec ses vrais problèmes de conception d’antenne qui donnèrent lieu à l’“Antennagate” et la mythique réponse de Steve Jobs à un utilisateur: “Just avoid holding it in that way”.

Depuis cette annonce d’autres cas ont été signalés mais il faut rappeler d’une part que ces téléphones se vendent comme des petits pains et que d’autre part de plus en plus de gens se sont mis à tester volontairement la flexibilité de ces appareils suite à cette nouvelle tendance.

Dans ce cas-ci il n’y a pas de véritable problème de conception même s’il est vrai qu’un appareil très mince présentant une grande surface tout en métal est probablement plus facile à plier qu’un petit téléphone épais en plastique. Un test indépendant réalisé par le laboratoire Consumer Reports démontre que l’iPhone 6 Plus n’est pas le téléphone le plus pliable, même s’il n’est pas aussi résistant que l’iPhone 5S:

Dans tous les cas il n’y a pas de quoi s’inquiéter, les nouveaux iPhones ne sont pas plus fragiles que d’autres téléphones. Mais étant donné leur prix élevé, les heureux propriétaires ont quand même intérêt à en prendre grand soin.

Du NFC uniquement pour payer

L’autre grande nouveauté de ces modèles est l’introduction d’un capteur NFC (communication en champ proche) permettant d’effectuer des payements au moyen du nouveau service Apple Pay, dans le cas où il vous reste de l’argent après l’achat de votre iPhone. Le support de la technologie NFC était déjà présent sur les téléphones Android depuis la version 2.3 (2010) et a été bien amélioré au fil des versions suivantes. Malgré cela, l’utilisation de la technologie NFC pour effectuer des payements avec son smartphone (via Google Wallet par exemple) n’a jamais rencontré le succès. Certains voient Apple Pay comme un nouvel acteur important sur le marché des modes de payement, capable de pousser l’adoption du payement par NFC. Je me permets d’en douter fortement car Apple Pay rentre en concurrence directe avec de grosses sociétés financières comme Paypal qui ont les moyens de rester en place et se renouveler techniquement. D’autant plus qu’Apple Pay n’est disponible que sur les produits Apple.

Par rapport à la concurrence, Apple Pay insiste sur la sécurité et la confidentialité des transactions entre le payeur et sa banque; les tierces parties seront incapables de récolter ne fût-ce que les montants des transactions. C’est peut-être aussi ce qui déplaît à de grosses chaînes de magasin américaines désireuses d‘étudier les habitudes d’achat des consommateurs, qui feront tout pour que ceux-ci n’utilisent pas Apple Pay.

On regrettera que la technologie NFC embarquée dans l’iPhone 6 permette uniquement d’effectuer des payements via Apple Pay alors qu’elle offre une multitude de possibilités liées à la lecture et l‘écriture de puces embarquées dans des objets et la communication entre appareils, que peuvent déjà exploiter les appareils Android. Peut-être cela sera-t-il possible dans les années à venir via une mise à jour logicielle et la sortie de nouveaux outils pour les développeurs.

Un capteur photo irréprochable ou presque

À chaque nouveau modèle d’iPhone, Apple met en avant les avancées de son nouveau capteur photo, avec raison. L’iPhone 6 est sans conteste l’un des meilleurs photophones du marché, avec une augmentation non négligeable de la qualité des images depuis l’iPhone 5S qui était déjà excellent dans ce domaine et une rapidité de mise au point continue hors du commun. Ce comparatif photo reprenant toutes les versions de l’iPhone vous donnera une bonne idée du chemin parcouru. Vous noterez que l’iPhone 6 retient beaucoup plus de détails en basse lumière que son prédécesseur direct.

L’iPhone 6 est également capable de capturer des vidéos en HD 1080p à 60 images par seconde et au ralenti en 720p à 240 images par seconde (!), soit deux fois plus d’images capturées par seconde que l’iPhone 5S et les autres modèles concurrents. Dans ce mode vous pouvez donc visionner une scène ralentie 8 fois de façon totalement fluide à 30 images par seconde, ce qui est pour le moins impressionnant.

L’iPhone 6 Plus offre en plus une stabilisation d’image optique que l’iPhone 6 ne possède pas, mais dans la pratique la différence de qualité est très peu perceptible.

La seule critique qu’on fera au capteur photo est qu’il ressort de la coque. Des petits malins ont d’ailleurs remarqué qu’Apple avait “gommé” le capteur photo sur les photos de coupe de l’appareil présentes sur son site.

Capteur photo de l'iPhone 6

Comme le capteur photo est le seul élément ressortant du bas de l’appareil, celui-ci ne peut pas être posé de façon parfaitement horizontale sur une surface plane et le capteur est plus facilement exposé aux griffes. D’autres smartphones souffrent du même problème de façon plus ou moins prononcée. Notez que si Apple avait rendu son nouveau smartphone plus épais en ajoutant une plaque métallique de renforcement par exemple, le capteur photo ne dépasserait pas autant et l’iPhone plierait encore moins facilement.

iOS rattrape son retard

Après le matériel, passons maintenant à la partie logicielle. Apple a sorti la mise à jour annuelle de son système d’exploitation pour appareils mobiles. iOS 8 est une mise à jour relativement mineure par rapport à celle de l’an dernier mais néanmoins importante car elle apporte quelques nouveautés bienvenues aux utilisateurs des produits de la firme à la pomme, permettant de combler le retard avec Android sur certains aspects:

Ont également été annoncés de nouveaux services plus récents, liés à l‘écosystème de la marque:

Toutes ces nouveautés ne sont pas réservées aux nouveaux iPhone mais sont également disponibles pour les autres appareils de la marque éligibles pour la mise à jour vers iOS 8. Dans la pratique, tous les appareils compatibles avec iOS 7 seront mis à jour, à l’exception de l’iPhone 4.

Un lancement dans la douleur

Toutes ces nouveautés sont bien séduisantes en théorie mais dans la pratique le déploiement d’iOS 8 s’est accompagné de problèmes variés.

Pour commencer, de nombreux utilisateurs se sont plaints que leur appareil de génération précédente est plus lent avec iOS 8 qu’avec iOS 7. Désactiver les effets graphiques pourrait améliorer la situation.

Apple a décidé de désactiver HealthKit dans la première version d’iOS 8 sortie le 17 septembre pour des raisons de problèmes détectés à la dernière minute. iCloud Drive était bien disponible, lui, mais par contre l’activer a pour effet de convertir son compte vers le nouveau système, qui n’est pas capable de synchroniser les documents avec des ordinateurs Mac fonctionnant sous Mac OS X Mavericks mais uniquement avec la nouvelle version, Yosemite. Le hic étant que Yosemite n‘était pas encore disponible en version finale lorsque iOS 8 a été publié. De quoi faire baisser la productivité de ceux qui dépendaient de la synchronisation de leurs documents avec iCloud sur Mac.

La version 8.0.1 a ensuite été déployée le 24 septembre pour corriger divers bugs et activer HealthKit. Le déploiement de cette version fut rapidement arrêté suite au signalement d’autres bugs plus graves: la perte de réception GSM et des malfonctions de Touch ID sur les nouveaux iPhone 6. En plein scandale bendgate, l’image de la marque à la pomme en a pris un coup.

Le lendemain, la version 8.0.2 corrigeant ces deux bugs critiques a été déployée. Divers bugs ont cependant été rapportés dans cette version également. Parmi les plus critiques, on notera le téléphone qui reste bloqué en mode paysage, le bluetooth qui fonctionne très mal en voiture ou encore une vitesse de téléchargement catastrophique en WiFi dans certaines conditions.

La version 8.1 a été déployée le 20 octobre et semble avoir résolu les problèmes majeurs d’iOS 8.0.2. Quoi qu’il en soit, un bon “factory reset” est recommandé si des problèmes se manifestent après l’installation de cette mise à jour curative. Par contre une nouvelle version 8.1.1 corrigeant d’autres bugs vient de sortir le 17 novembre.

Cela fait donc 5 versions d’iOS déployées chez les utilisateurs en l’espace de seulement 2 mois, et cela malgré le fait que le système était déjà disponible en version de test pour les développeurs depuis juin, permettant à Apple de mieux préparer le terrain. Je crois qu’on peut parler ici d’un manque de rigueur et de tests.

Développeurs et fragmentation

Les développeurs d’applications pour iPhone ont souffert eux aussi de ce lancement précipité avec des outils de développement pas toujours aussi bien finis que ce dont ils avaient l’habitude précédemment, comme en atteste par exemple cet article qui décrit une série de bugs divers dans les outils iOS 8. Ou encore celui-ci qui décrit les nombreux problèmes liés à la toute nouvelle API permettant de développer des claviers tierce partie.

Mais avec ces deux nouveaux modèles d’iPhone et leur écran si particulier, les développeurs iOS sont maintenant confrontés à un problème qu’ils aimaient bien associer exclusivement à Android: la fragmentation des affichages. En effet, tous les écrans d’iPhone avaient jusqu’ici la même taille en points (une unité de mesure indépendante de la densité), à l’exception de ceux des iPhone 5 et 5S dont la hauteur est un peu plus importante que celle de leurs prédécesseurs (mais la largeur en points reste identique). La sortie de l’iPhone 5 avait quand même provoqué à l‘époque de nombreux petits problèmes nécessitant des adaptations dans de nombreuses applications, mais les développeurs pouvaient encore s’en sortir assez facilement en testant les deux tailles disponibles et en ajustant la hauteur au cas-par-cas. Par contre aujourd’hui, les iPhone 6 et 6 Plus ont chacun une nouvelle taille d‘écran complètement différente des anciens modèles, ce qui fait donc 4 tailles d‘écran différentes à supporter sur iPhone et une différence significative entre la plus petite et la plus grande. La taille de l’iPhone 6 Plus est d’ailleurs assez proche de celle d’un iPad Mini.

Les 4 tailles d'iPhone

Il est donc maintenant définitivement hors de question que les développeurs continuent à concevoir les écrans d’applications à l’ancienne en se basant sur des repères fixes. Ils doivent passer à un modèle de type flexible ou “responsive”, comme les développeurs Android le font déjà depuis le début. Les applications pour iPhone qui se basaient déjà sur ce modèle n’auront pas de souci particulier, mais ce n’est pas le cas de la majorité des applications existantes qui devront passer par une phase de refonte plus ou moins complexe pour pouvoir mettre à profit les écrans des iPhone 6 et 6 Plus. Certes, les applications conçues pour l’ancien système s’affichent sur les nouveaux iPhones avec un mode d‘étirement d’image mais le résultat est loin d‘être idéal (concrètement: texte et boutons surdimensionnés sur les iPhone 6 Plus). Cette phase de reconception de presque toutes les applications est donc tout simplement cruciale pour pouvoir utiliser les iPhone 6 et 6 Plus dans des conditions normales, et donc en ce sens il y a bel et bien eu une fragmentation.

Pour en savoir plus sur les caractéristiques et le rendu un peu particulier de ces nouveaux écrans et leur impact sur le développement d’applications iOS, je vous invite à lire cet excellent article par les créateurs de l’application PaintCode.

Il faut maintenant que les développeurs et les designers d’applications pour iPhone apprennent à maîtriser ces nouveaux concepts parfois complexes d‘écrans à taille variable déjà connus des développeurs Android depuis des années et disposant de solutions efficaces sur cette plate-forme. On ne peut pas nier que les écarts entre iOS et Android se font de plus en plus minces.

Des problèmes d’ergonomie

Terminons ce tour d’horizon en mentionnant quelques problèmes d’ergonomie liés aux nouveautés de ces derniers modèles. Apple est réputé pour la simplicité d’usage de ses produits, mais quand il y a des couacs à ce niveau-là, ils méritent qu’on les critique au même titre que leurs concurrents qu’ils accusent souvent de plagiat.

Le challenge ergonomique de ces nouveaux iPhones plus grands, c’est de pouvoir les utiliser à une main. Pour y parvenir, Apple a entre autres utilisé deux techniques très discutables.

L’année passée, la marque a introduit une nouvelle fonction de navigation sur ses appareils: le “swipe to back”. Concrètement, il s’agit de pouvoir naviguer vers l‘écran précédent en “tirant” le bord gauche de l‘écran vers la droite. Nul doute que ce nouveau geste tactile a été introduit en prévision des nouveaux iPhones, afin de permettre aux utilisateurs de naviguer en arrière sans avoir à atteindre le bouton “retour” qui est toujours situé en haut à gauche de l‘écran et qu’on ne peut pas atteindre en utilisant un iPhone 6 à une main. Sur Android le problème ne se pose pas car il y a un bouton “retour” permanent situé en bas de l‘écran donc facile à atteindre.

Le but est donc que ce “swipe to back” soit utilisé dans toutes les applications pour fournir une expérience de navigation cohérente aux utilisateurs. Le problème est que c’est loin d‘être le cas: de nombreuses applications tierces n’utilisent pas cette fonction, à commencer par celles de Google par exemple. L’une des raisons est qu’elles utilisaient déjà ce geste afin d’ouvrir un menu principal de navigation qui apparaît à gauche de l‘écran (qu’on appelle traditionnellement “menu Facebook” ou “menu coulissant”). Même si la firme à la pomme critique l’usage de ce type de menu, elle ne mentionne pas de véritable alternative et il continue à être très populaire chez les développeurs d’applications. On pourrait aussi envisager de déplacer les menus coulissants à droite, changeant les règles qui ont mis quelques années à s’imposer. Mais même les nouvelles applications Apple n’utilisent pas toujours le “swipe to back”. Prenez par exemple la galerie photo: lorsque vous êtes sur le détail d’une photo, tirer le bord gauche de l‘écran aura pour effet d’afficher la photo précédente de l’album mais ne vous ramènera pas à l‘écran de niveau supérieur. En définitive, puisque ce geste n’est reconnu qu‘à certains endroits et qu’il n’y a aucune indication visuelle distinctive permettant de savoir où on peut l’utiliser, il laisse l’utilisateur frustré et n’a pas de vraie utilité pour l’instant.

Une autre fonction qu’Apple a inventé pour aider à la manipulation à une main de l’iPhone 6 et surtout de l’iPhone 6 Plus est un système permettant de descendre l’image affichée afin de rendre accessible sa partie haute.

Reachability sur iPhone 6

Cette fonction plutôt ingénieuse s’active en “double-effleurant” le bouton unique en façade de l’iPhone. Attention, vous devez toucher deux fois le bouton, mais sans l’enfoncer sinon vous risquez de quitter l’application en cours. C’est là que j’ai réalisé que ce bouton, qui fut autrefois le symbole de la simplicité d’usage du premier iPhone, est en fait devenu très compliqué à utiliser. Le bouton est toujours unique, mais possède déjà 5 fonctions différentes:

Toutes ces fonctions sont importantes et accessibles uniquement avec ce bouton. Avouez qu’on a vu plus simple. À choisir, je préfère les différents boutons virtuels bien définis des téléphones Android à ce bouton physique unique d’iPhone à l’usage assez particulier.

Conclusions

Apple nous a encore prouvé qu’il excellait dans la conception matérielle de téléphones haut de gamme, en particulier pour le capteur photo très réussi de ces modèles. Au niveau de l’intégration logicielle de ses appareils par contre, le bilan est plus mitigé. On n’atteint plus le niveau de qualité et d’innovation auxquels nous avait habitués Steve Jobs. C’est bien sûr loin d‘être catastrophique et probablement comparable à certaines autres marques, mais au vu du prix de base de ces nouveaux engins qui est de 700 € pour l’iPhone 6 et 800 € pour l’iPhone 6 Plus, on est en droit d’en attendre bien plus que ce que la concurrence vend à la moitié du prix.

Si c’est l‘écosystème Apple qui vous convient et que vous êtes prêt à payer ce prix, nul doute que ces modèles sont une mise à jour significative par rapport à leurs prédécesseurs. Si vous hésitez entre les deux modèles, sachez que l’iPhone 6 Plus dispose, en plus de son grand écran, d’une autonomie environ 30% plus importante que celle de l’iPhone 6 grâce à une batterie de plus grande taille.

Si par contre vous être plus neutre et que le rapport qualité/prix est plus important pour vous, vous vous détournerez vite de ces nouveaux iPhones au profit de téléphones Android voir Windows Phone. Tous ne sont pas bons mais il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses.

iOS 8 est une mise à jour logicielle qui permet avant tout à cette plate-forme de combler son retard par rapport à Android, et je trouve cela très positif de constater que les 2 OS copient les bonnes idées de l’autre car cela accélère l’innovation mobile dans son ensemble. Les développeurs iOS sont amenés à résoudre des problèmes similaires à ceux des développeurs Android (tailles d‘écrans, NFC, communication entre applications, …) ce qui leur donnera plus de visibilité et permettra probablement une meilleure compréhension des deux systèmes. Donc même si vous n’achetez pas d’iPhone 6, vous pouvez vous réjouir de sa sortie.

BIFFF Movie Guide pour Android

Android

En tant qu’amateur de cinéma, j’ai encore passé un excellent moment cette année au BIFFF. Le BIFFF, c’est bien entendu le Festival International du Film Fantastique de Bruxelles que les autres pays nous envient pour son ambiance si particulière et son public à la fois critique et déjanté. Pour ce cru 2014, nous avons eu droit à 98 films diffusés du 8 au 20 avril au Palais des Beaux-Arts.

Quand

Depuis l’année dernière, l’idée de réaliser une application mobile pour ce festival me trottait dans la tête. J’ai fini par me décider et me lancer dans cette entreprise cette année, 3 semaines avant le début du festival, et tout cela pendant mon temps libre. J’avais déjà une bonne idée de ce que je voulais faire et de comment j’allais le faire donc j’ai pu réaliser cela assez rapidement. Le résultat est BIFFF Movie Guide , ma quatrième application pour Android.

Pourquoi

Pourquoi une application mobile pour le BIFFF? Tout d’abord parce que le site web du festival est loin d‘être pratique et pas du tout adapté aux appareils mobiles, il faut le reconnaître. L’année passée, le site était également particulièrement lent ce qui frênait considérablement l’accès aux informations sur les films. La partie la moins conviviale du site est sans nul doute la page qui reprend le programme : impossible d’avoir une vue claire de ce qui se passe sur cette page. Elle est trop large (inadaptée aux petits écrans), les affiches de films sont trop petites et pas toujours bien alignées avec l’horaire, aucune information sur les films n’y figure et les données des différents jours sont mélangées.

L’autre raison majeure est que le festival se déroule depuis 2 ans aux Beaux-Arts et que dans cet espace il n’y a tout simplement pas de réseau GSM et donc pas non plus de connexion à Internet. Les plus chanceux sont les abonnés Mobistar qui arrivent à avoir un peu de signal près de la buvette mais pour les autres c’est le blackout assuré. Une application mobile fonctionnant hors ligne s’imposait donc comme la solution idéale pour consulter le programme et c’est donc ce que j’ai réalisé.

Il y a aussi des fonctions qu’une application peut offrir et que le site web courant ne peut pas. En l’occurrence, pouvoir composer sa liste de films favoris ou ajouter une séance directement dans l’agenda de son téléphone me paraissaient une évidence. J’ai aussi ajouté la recherche d’un film dans IMDb et le partage sur les réseaux sociaux.

Comment

Étant donné qu’il n’existait pas de source de données reprenant toutes les informations structurées sur les films, j’ai dû créer la mienne. Ma première tâche a été de mettre au point un script qui parcourt toutes les pages du site contenant les informations sur les films afin de créer une base de données sous la forme d’un fichier JSON. Ce script se lançait chaque semaine durant la nuit et constituait 3 fichiers, soit un par langue, stockés sur mon propre serveur. L’application se connecte ensuite sur mon serveur pour récupérer le fichier dans la langue courante et le stocker localement. Le fichier est compressé via gzip pour accélérer le transfert.

Je ne pouvais extraire aucune information exploitable de la fameuse page avec le programme. Heureusement, je n’ai pas eu à le faire car les dates et heures de projection des films sont présentes sur les pages de détail des films et sont donc extraites par le script et inclues dans le fichier. Lorsque l’application mobile charge l’intégralité des données des films en mémoire, elle construit en parallèle le programme en classant les films par ordre chronologique et le tour est joué. Le programme est le premier écran visible à l’ouverture de l’application et il affiche le jour courant par défaut afin de faciliter l’accès à l’information.

L’application permet également de chercher un film par titre ou par nom de réalisateur, ou encore de filtrer la liste des films par genre. Toutes les données du fichier étant chargées en mémoire, ces opérations peuvent être réalisées instantanément.

Les médias des films ne sont pas chargés en même temps que la base de données. Les photos sont récupérées à la demande depuis le site du BIFFF et sont ensuite conservées localement sur le téléphone. Toucher une image miniature sur la fiche d’un film permet d’ouvrir une galerie photo avec les images en pleine taille et qualité maximale. Comme la quantité d’images présente sur le site est assez énorme, seules les dernières images consultées sont conservées, avec une limite de 15 méga-octets. Ces images conservées sont alors disponibles hors ligne lorsque vous êtes aux Beaux-Arts et que vous n’avez pas de réseau.

Les bandes-annonces des films du BIFFF sont hébergées sur YouTube et l’application intègre un simple lecteur vidéo YouTube. Celles-ci ne sont pas disponibles hors ligne.

Au niveau du design, je me suis principalement inspiré du site web du festival avec du texte blanc sur fond noir et des touches de rouge vif, tout en restant dans le style Holo (le thème de base du système Android). J’ai également expérimenté la transparence en utilisant les affiches des films en filigrane sur les écrans de détail. Les écrans ne sont pas optimisés pour tablettes mais rendent quand même très bien sur celles-ci.

À suivre

Tout ce travail au service d’une application éphémère, certes, mais qui pourra servir à nouveau l’année prochaine. En attendant, je l’utilise encore pour garder la trace des films qui ont attiré mon attention et que je n’ai pas eu la chance de voir durant le festival, en vue d’un rattrapage. BIFFF Movie Guide est disponible gratuitement pour Android sur le Play Store et est traduit en français, néerlandais et anglais.

FOSDEM Companion pour Android

Android

Comme chaque année, je me suis rendu début février à la plus grande conférence internationale du logiciel libre: le FOSDEM. Nous avons la chance de pouvoir accueillir cet événement entièrement bénévole dans la ville de Bruxelles, au sein de l’ULB. Pour cette année 2014, j’ai voulu apporter ma pierre à l‘édifice en créant une nouvelle application Android dédiée: FOSDEM Companion.

Il existait déjà une application Android co-créée par 3 développeurs pour l‘édition 2010, qui a su rendre bien des services au fil des ans. En 2013, l’interface a même été améliorée par un autre développeur qui y a ajouté une Action Bar. Pour cette année 2014, j’ai d’abord envisagé de créer un fork (= une version dérivée) de l’application existante dont le code est public, puis j’ai finalement décidé de repartir de zéro sur de nouvelles bases au lieu du code d’il y a 4 ans, pour recréer une expérience similaire mais améliorée avec les dernières techniques de programmation sur Android. Et bien entendu, j’ai également publié le code source de cette nouvelle application sous une licence libre afin que tout le monde puisse en profiter. Celui-ci est disponible sur GitHub.

Mes deux objectifs principaux pour la réalisation de cette nouvelle application étaient l’amélioration des performances ainsi qu’une meilleure ergonomie et un aspect visuel épuré. Je voulais également rendre le code plus modulaire afin de pouvoir plus facilement l’adapter à l’avenir.

En dehors du remaniement de l’interface et de la navigation, j’ai également ajouté quelques fonctions par rapport à l’application précédente:




En plus d’une publication sur le Play Store de Google, j’ai mis à disposition l’application sur F-Droid, le store alternatif contenant uniquement des logiciels libres compilés à partir des sources officielles par le serveur de F-Droid. Ceci garantit à l’utilisateur que l’application qu’il installe sur son appareil correspond bien au code source publié.

FOSDEM Companion a connu un énorme succès durant le week-end du FOSDEM 2014 et a été installé sur environ 2000 appareils à partir du Play Store, sans compter les téléchargements à partir de F-Droid. Lorsque je me suis rendu sur place, je pouvais voir en permanence des gens autour de moi l’utiliser, ce qui m’a vraiment impressionné car je ne m’attendais pas à une telle popularité. Les organisateurs du FOSDEM ont eu la gentillesse de me donner la permission d’utiliser leur nom et leur logo, et m’ont offert un superbe t-shirt de l‘événement. En tous cas, je suis très content d’avoir pu améliorer l’expérience FOSDEM pour les nombreux visiteurs venus des 4 coins du globe et je reviendrai bien entendu l’année prochaine.