Home.

Bienvenue sur le site personnel de Christophe Beyls.
Voici les derniers articles publiés, toutes sections confondues.

iPhone 6 et iOS 8

Apple

Il est temps de refaire un bilan de l‘écosystème mobile d’Apple en 2014 suite à l’annonce de sa nouvelle gamme de téléphones mobiles dévoilés le 9 septembre dernier et disponibles quelques jours plus tard. Je vous propose une analyse personnelle détaillée et nuancée de ces produits, au-delà du matraquage marketing traditionnel. J‘éviterai volontairement de parler de l’Apple Watch à laquelle je réserve un futur article après sa sortie.

La gamme iPhone 2014 se décline sous la forme de deux nouveaux modèles: l’iPhone 6 et l’iPhone 6 Plus. En réalité, ils pourraient s’appeler iPhone 8 et 8 Plus puisqu’il s’agit déjà de la huitième génération d’iPhone et que les deux modèles sont d’ailleurs mûs par un SoC Apple A8. Le nouveau CPU est 25% plus rapide que celui de la génération précédente, tandis que le GPU est environ 50% plus véloce. Il s’agit d’une évolution de puissance finalement assez modeste, raison pour laquelle l‘équipe marketing d’Apple préfère dire que l’iPhone 6 est jusqu‘à 50x plus rapide que le premier iPhone sorti il y a 7 ans. Malgré tout, les iPhone 6 et 6 Plus étaient les téléphones les plus puissants au moment de leur sortie (surtout au niveau graphique), bien que la concurrence les ai déjà égalés quelques temps plus tard avec notamment la sortie de nouveaux téléphones Android basés sur la puce nVidia K1.

Nouvelles tailles et vieilles recettes

Ce qui distingue avant tout ces iPhone 6 et 6 Plus, c’est bien entendu leur forme et leurs tailles d‘écran. Alors que l’iPhone 5S possède un écran 4 pouces, l’iPhone 6 arbore fièrement un écran de 4,7 pouces et le 6 Plus un écran de 5,5 pouces. Ils sont dotés d’une coque plus mince, tout en aluminium. Au niveau de la taille et du poids, l’iPhone 6 est comparable à de nombreux téléphones Android tels que le Nexus 5 de Google. L’iPhone 6 Plus quant à lui rentre plutôt dans la catégorie phablette comme un Samsung Galaxy Note 3. Ce genre de téléphone est plus difficile à manipuler à une main ou à mettre dans une poche.

La première réaction de nombreux utilisateurs d’iPhone fut de critiquer ces nouvelles tailles qu’ils jugeaient trop élevées, préférant rester fidèles au traditionnel écran 4 pouces de la génération précédente. Steve Jobs lui-même disait en 2010 en se moquant de la concurrence que personne n’achèterait un grand téléphone et Apple était même allé jusqu‘à créer en 2012 une publicité pour l’iPhone 5 qualifiant le choix de la taille d‘écran de 4 pouces de “bon sens” car parfaitement étudiée pour un usage à une main:

Force est de constater qu’aujourd’hui la tendance (bonne ou mauvaise) est aux écrans plus grands pour les appareils haut de gamme et qu’Apple a finalement cédé pour suivre le reste du marché. Ce qui est certain c’est que l’argument “Ton téléphone Android est trop grand, l’iPhone a la taille idéale” est devenu invalide.

Ces deux nouveaux écrans d’iPhone sont labellisés “Retina HD” par les équipes marketing d’Apple, ce qui laisse sous-entendre que la densité de pixels est plus élevée que sur les écrans simplement “Retina”. Sachant qu’Apple a défini le terme Retina comme étant “la densité suffisante pour que la pixellisation soit imperceptible par l’oeil humain”, le fait qu’ils sortent à présent des écrans plus denses est déjà un aveu que finalement on pouvait faire mieux et que la différence se voit bel et bien à l’oeil nu. Les concurrents l’avaient déjà compris en incorporant dans leurs modèles des écrans plus denses que celui de l’iPhone depuis environ 2 ans.

Mais en réalité, l‘écran 5 pouces de l’iPhone 6 affiche 1334×750 pixels et possède la même densité de pixels que les écrans des iPhone 4, 4S, 5 et 5S (soit 320 pixels par pouce); il est simplement plus grand. Seul l’iPhone 6 Plus “mérite” la dénomination Retina HD avec une densité plus élevée de 400 pixels par pouce (1920×1080 pixels).

Même si ces écrans affichent de belles couleurs et un excellent contraste, je trouve personnellement que la finesse d’affichage de l‘écran de l’iPhone 6 déçoit face à celle du LG Nexus 5. Ce dernier, sorti l’année dernière au prix de 350€, affiche le même nombre de pixels que l’iPhone 6 Plus (1920×1080) tout en possédant la même taille et le même poids que l’iPhone 6; il présente donc une densité de pixels plus élevée que Retina HD (440 ppi) dans un format bien plus compact qu’une phablette. À taille d‘écran égale, les téléphones Android sont d’ailleurs souvent plus compacts que les iPhones car ils ne possèdent généralement pas de bouton physique en façade, remplacé par des boutons virtuels à l‘écran.

iPhone 6 vs Nexus 5

À propos du fameux bouton physique en façade de l’iPhone, celui des iPhone 6 intègre également le lecteur d’empreintes digitales Touch ID déjà présent dans l’iPhone 5S, permettant d’identifier son utilisateur.

J’ai également été surpris d’apprendre que les iPhone 6 et 6 Plus n’embarquent que 1 Go de mémoire vive (RAM), soit la même quantité que dans l’iPhone 5 sorti en 2012. La quantité de mémoire vive est généralement liée au nombre de pixels affichés à l‘écran et l’iPhone 6 Plus en affiche clairement plus que les précédents modèles. À titre de comparaison, les Samsung Galaxy S4 et LG Nexus 5 (de 2013) possèdent 2 Go de RAM. Vu le prix élevé de l’iPhone 6 Plus, je pense qu’Apple aurait pu faire un effort pour loger au moins 1 Go de RAM supplémentaire dans son téléphone le plus haut de gamme. La marque étant pourtant réputée pour la longévité du support de ses appareils via des mises à jour logicielles, je vois assez mal l’iPhone 6 faire fonctionner correctement les derniers jeux et logiciels sous iOS 10 dans 2 ans.

Plié de rire

Le nouveau design de l’iPhone 6 offre une cure de jouvence bienvenue à la gamme. Les lignes sont inspirées de celles des derniers modèles d’iPad ou encore de l’iPod Touch et le bouton d’alimentation est maintenant placé sur la droite au lieu du haut, afin de pouvoir y accéder plus facilement à une main malgré l’augmentation de la taille des deux appareils. La qualité de construction est exemplaire.

Malgré cela, de grosses rumeurs se sont rapidement répandues sur la toile comme quoi l’iPhone 6 Plus plierait trop facilement dans une poche, causant des dégâts irréversibles. S’en sont suivies des images et vidéos parodiques en tous genres et des blagues comme:

Savez-vous pourquoi l’iPhone 6 se plie ? Parce que l’Apple Store !

Après 2 semaines de railleries, Apple a fini par répondre à ces rumeurs de Bendgate en expliquant que seuls 9 cas d’iPhone pliés avaient été signalés et que l’iPhone 6 Plus ne plie pas plus qu’un autre téléphone. Il faut dire qu’en 2010 la firme avait déjà souffert d’une mauvaise publicité lors du lancement de l’iPhone 4 avec ses vrais problèmes de conception d’antenne qui donnèrent lieu à l’“Antennagate” et la mythique réponse de Steve Jobs à un utilisateur: “Just avoid holding it in that way”.

Depuis cette annonce d’autres cas ont été signalés mais il faut rappeler d’une part que ces téléphones se vendent comme des petits pains et que d’autre part de plus en plus de gens se sont mis à tester volontairement la flexibilité de ces appareils suite à cette nouvelle tendance.

Dans ce cas-ci il n’y a pas de véritable problème de conception même s’il est vrai qu’un appareil très mince présentant une grande surface tout en métal est probablement plus facile à plier qu’un petit téléphone épais en plastique. Un test indépendant réalisé par le laboratoire Consumer Reports démontre que l’iPhone 6 Plus n’est pas le téléphone le plus pliable, même s’il n’est pas aussi résistant que l’iPhone 5S:

Dans tous les cas il n’y a pas de quoi s’inquiéter, les nouveaux iPhones ne sont pas plus fragiles que d’autres téléphones. Mais étant donné leur prix élevé, les heureux propriétaires ont quand même intérêt à en prendre grand soin.

Du NFC uniquement pour payer

L’autre grande nouveauté de ces modèles est l’introduction d’un capteur NFC (communication en champ proche) permettant d’effectuer des payements au moyen du nouveau service Apple Pay, dans le cas où il vous reste de l’argent après l’achat de votre iPhone. Le support de la technologie NFC était déjà présent sur les téléphones Android depuis la version 2.3 (2010) et a été bien amélioré au fil des versions suivantes. Malgré cela, l’utilisation de la technologie NFC pour effectuer des payements avec son smartphone (via Google Wallet par exemple) n’a jamais rencontré le succès. Certains voient Apple Pay comme un nouvel acteur important sur le marché des modes de payement, capable de pousser l’adoption du payement par NFC. Je me permets d’en douter fortement car Apple Pay rentre en concurrence directe avec de grosses sociétés financières comme Paypal qui ont les moyens de rester en place et se renouveler techniquement. D’autant plus qu’Apple Pay n’est disponible que sur les produits Apple.

Par rapport à la concurrence, Apple Pay insiste sur la sécurité et la confidentialité des transactions entre le payeur et sa banque; les tierces parties seront incapables de récolter ne fût-ce que les montants des transactions. C’est peut-être aussi ce qui déplaît à de grosses chaînes de magasin américaines désireuses d‘étudier les habitudes d’achat des consommateurs, qui feront tout pour que ceux-ci n’utilisent pas Apple Pay.

On regrettera que la technologie NFC embarquée dans l’iPhone 6 permette uniquement d’effectuer des payements via Apple Pay alors qu’elle offre une multitude de possibilités liées à la lecture et l‘écriture de puces embarquées dans des objets et la communication entre appareils, que peuvent déjà exploiter les appareils Android. Peut-être cela sera-t-il possible dans les années à venir via une mise à jour logicielle et la sortie de nouveaux outils pour les développeurs.

Un capteur photo irréprochable ou presque

À chaque nouveau modèle d’iPhone, Apple met en avant les avancées de son nouveau capteur photo, avec raison. L’iPhone 6 est sans conteste l’un des meilleurs photophones du marché, avec une augmentation non négligeable de la qualité des images depuis l’iPhone 5S qui était déjà excellent dans ce domaine et une rapidité de mise au point continue hors du commun. Ce comparatif photo reprenant toutes les versions de l’iPhone vous donnera une bonne idée du chemin parcouru. Vous noterez que l’iPhone 6 retient beaucoup plus de détails en basse lumière que son prédécesseur direct.

L’iPhone 6 est également capable de capturer des vidéos en HD 1080p à 60 images par seconde et au ralenti en 720p à 240 images par seconde (!), soit deux fois plus d’images capturées par seconde que l’iPhone 5S et les autres modèles concurrents. Dans ce mode vous pouvez donc visionner une scène ralentie 8 fois de façon totalement fluide à 30 images par seconde, ce qui est pour le moins impressionnant.

L’iPhone 6 Plus offre en plus une stabilisation d’image optique que l’iPhone 6 ne possède pas, mais dans la pratique la différence de qualité est très peu perceptible.

La seule critique qu’on fera au capteur photo est qu’il ressort de la coque. Des petits malins ont d’ailleurs remarqué qu’Apple avait “gommé” le capteur photo sur les photos de coupe de l’appareil présentes sur son site.

Capteur photo de l'iPhone 6

Comme le capteur photo est le seul élément ressortant du bas de l’appareil, celui-ci ne peut pas être posé de façon parfaitement horizontale sur une surface plane et le capteur est plus facilement exposé aux griffes. D’autres smartphones souffrent du même problème de façon plus ou moins prononcée. Notez que si Apple avait rendu son nouveau smartphone plus épais en ajoutant une plaque métallique de renforcement par exemple, le capteur photo ne dépasserait pas autant et l’iPhone plierait encore moins facilement.

iOS rattrape son retard

Après le matériel, passons maintenant à la partie logicielle. Apple a sorti la mise à jour annuelle de son système d’exploitation pour appareils mobiles. iOS 8 est une mise à jour relativement mineure par rapport à celle de l’an dernier mais néanmoins importante car elle apporte quelques nouveautés bienvenues aux utilisateurs des produits de la firme à la pomme, permettant de combler le retard avec Android sur certains aspects:

Ont également été annoncés de nouveaux services plus récents, liés à l‘écosystème de la marque:

Toutes ces nouveautés ne sont pas réservées aux nouveaux iPhone mais sont également disponibles pour les autres appareils de la marque éligibles pour la mise à jour vers iOS 8. Dans la pratique, tous les appareils compatibles avec iOS 7 seront mis à jour, à l’exception de l’iPhone 4.

Un lancement dans la douleur

Toutes ces nouveautés sont bien séduisantes en théorie mais dans la pratique le déploiement d’iOS 8 s’est accompagné de problèmes variés.

Pour commencer, de nombreux utilisateurs se sont plaints que leur appareil de génération précédente est plus lent avec iOS 8 qu’avec iOS 7. Désactiver les effets graphiques pourrait améliorer la situation.

Apple a décidé de désactiver HealthKit dans la première version d’iOS 8 sortie le 17 septembre pour des raisons de problèmes détectés à la dernière minute. iCloud Drive était bien disponible, lui, mais par contre l’activer a pour effet de convertir son compte vers le nouveau système, qui n’est pas capable de synchroniser les documents avec des ordinateurs Mac fonctionnant sous Mac OS X Mavericks mais uniquement avec la nouvelle version, Yosemite. Le hic étant que Yosemite n‘était pas encore disponible en version finale lorsque iOS 8 a été publié. De quoi faire baisser la productivité de ceux qui dépendaient de la synchronisation de leurs documents avec iCloud sur Mac.

La version 8.0.1 a ensuite été déployée le 24 septembre pour corriger divers bugs et activer HealthKit. Le déploiement de cette version fut rapidement arrêté suite au signalement d’autres bugs plus graves: la perte de réception GSM et des malfonctions de Touch ID sur les nouveaux iPhone 6. En plein scandale bendgate, l’image de la marque à la pomme en a pris un coup.

Le lendemain, la version 8.0.2 corrigeant ces deux bugs critiques a été déployée. Divers bugs ont cependant été rapportés dans cette version également. Parmi les plus critiques, on notera le téléphone qui reste bloqué en mode paysage, le bluetooth qui fonctionne très mal en voiture ou encore une vitesse de téléchargement catastrophique en WiFi dans certaines conditions.

La version 8.1 a été déployée le 20 octobre et semble avoir résolu les problèmes majeurs d’iOS 8.0.2. Quoi qu’il en soit, un bon “factory reset” est recommandé si des problèmes se manifestent après l’installation de cette mise à jour curative. Par contre une nouvelle version 8.1.1 corrigeant d’autres bugs vient de sortir le 17 novembre.

Cela fait donc 5 versions d’iOS déployées chez les utilisateurs en l’espace de seulement 2 mois, et cela malgré le fait que le système était déjà disponible en version de test pour les développeurs depuis juin, permettant à Apple de mieux préparer le terrain. Je crois qu’on peut parler ici d’un manque de rigueur et de tests.

Développeurs et fragmentation

Les développeurs d’applications pour iPhone ont souffert eux aussi de ce lancement précipité avec des outils de développement pas toujours aussi bien finis que ce dont ils avaient l’habitude précédemment, comme en atteste par exemple cet article qui décrit une série de bugs divers dans les outils iOS 8. Ou encore celui-ci qui décrit les nombreux problèmes liés à la toute nouvelle API permettant de développer des claviers tierce partie.

Mais avec ces deux nouveaux modèles d’iPhone et leur écran si particulier, les développeurs iOS sont maintenant confrontés à un problème qu’ils aimaient bien associer exclusivement à Android: la fragmentation des affichages. En effet, tous les écrans d’iPhone avaient jusqu’ici la même taille en points (une unité de mesure indépendante de la densité), à l’exception de ceux des iPhone 5 et 5S dont la hauteur est un peu plus importante que celle de leurs prédécesseurs (mais la largeur en points reste identique). La sortie de l’iPhone 5 avait quand même provoqué à l‘époque de nombreux petits problèmes nécessitant des adaptations dans de nombreuses applications, mais les développeurs pouvaient encore s’en sortir assez facilement en testant les deux tailles disponibles et en ajustant la hauteur au cas-par-cas. Par contre aujourd’hui, les iPhone 6 et 6 Plus ont chacun une nouvelle taille d‘écran complètement différente des anciens modèles, ce qui fait donc 4 tailles d‘écran différentes à supporter sur iPhone et une différence significative entre la plus petite et la plus grande. La taille de l’iPhone 6 Plus est d’ailleurs assez proche de celle d’un iPad Mini.

Les 4 tailles d'iPhone

Il est donc maintenant définitivement hors de question que les développeurs continuent à concevoir les écrans d’applications à l’ancienne en se basant sur des repères fixes. Ils doivent passer à un modèle de type flexible ou “responsive”, comme les développeurs Android le font déjà depuis le début. Les applications pour iPhone qui se basaient déjà sur ce modèle n’auront pas de souci particulier, mais ce n’est pas le cas de la majorité des applications existantes qui devront passer par une phase de refonte plus ou moins complexe pour pouvoir mettre à profit les écrans des iPhone 6 et 6 Plus. Certes, les applications conçues pour l’ancien système s’affichent sur les nouveaux iPhones avec un mode d‘étirement d’image mais le résultat est loin d‘être idéal (concrètement: texte et boutons surdimensionnés sur les iPhone 6 Plus). Cette phase de reconception de presque toutes les applications est donc tout simplement cruciale pour pouvoir utiliser les iPhone 6 et 6 Plus dans des conditions normales, et donc en ce sens il y a bel et bien eu une fragmentation.

Pour en savoir plus sur les caractéristiques et le rendu un peu particulier de ces nouveaux écrans et leur impact sur le développement d’applications iOS, je vous invite à lire cet excellent article par les créateurs de l’application PaintCode.

Il faut maintenant que les développeurs et les designers d’applications pour iPhone apprennent à maîtriser ces nouveaux concepts parfois complexes d‘écrans à taille variable déjà connus des développeurs Android depuis des années et disposant de solutions efficaces sur cette plate-forme. On ne peut pas nier que les écarts entre iOS et Android se font de plus en plus minces.

Des problèmes d’ergonomie

Terminons ce tour d’horizon en mentionnant quelques problèmes d’ergonomie liés aux nouveautés de ces derniers modèles. Apple est réputé pour la simplicité d’usage de ses produits, mais quand il y a des couacs à ce niveau-là, ils méritent qu’on les critique au même titre que leurs concurrents qu’ils accusent souvent de plagiat.

Le challenge ergonomique de ces nouveaux iPhones plus grands, c’est de pouvoir les utiliser à une main. Pour y parvenir, Apple a entre autres utilisé deux techniques très discutables.

L’année passée, la marque a introduit une nouvelle fonction de navigation sur ses appareils: le “swipe to back”. Concrètement, il s’agit de pouvoir naviguer vers l‘écran précédent en “tirant” le bord gauche de l‘écran vers la droite. Nul doute que ce nouveau geste tactile a été introduit en prévision des nouveaux iPhones, afin de permettre aux utilisateurs de naviguer en arrière sans avoir à atteindre le bouton “retour” qui est toujours situé en haut à gauche de l‘écran et qu’on ne peut pas atteindre en utilisant un iPhone 6 à une main. Sur Android le problème ne se pose pas car il y a un bouton “retour” permanent situé en bas de l‘écran donc facile à atteindre.

Le but est donc que ce “swipe to back” soit utilisé dans toutes les applications pour fournir une expérience de navigation cohérente aux utilisateurs. Le problème est que c’est loin d‘être le cas: de nombreuses applications tierces n’utilisent pas cette fonction, à commencer par celles de Google par exemple. L’une des raisons est qu’elles utilisaient déjà ce geste afin d’ouvrir un menu principal de navigation qui apparaît à gauche de l‘écran (qu’on appelle traditionnellement “menu Facebook” ou “menu coulissant”). Même si la firme à la pomme critique l’usage de ce type de menu, elle ne mentionne pas de véritable alternative et il continue à être très populaire chez les développeurs d’applications. On pourrait aussi envisager de déplacer les menus coulissants à droite, changeant les règles qui ont mis quelques années à s’imposer. Mais même les nouvelles applications Apple n’utilisent pas toujours le “swipe to back”. Prenez par exemple la galerie photo: lorsque vous êtes sur le détail d’une photo, tirer le bord gauche de l‘écran aura pour effet d’afficher la photo précédente de l’album mais ne vous ramènera pas à l‘écran de niveau supérieur. En définitive, puisque ce geste n’est reconnu qu‘à certains endroits et qu’il n’y a aucune indication visuelle distinctive permettant de savoir où on peut l’utiliser, il laisse l’utilisateur frustré et n’a pas de vraie utilité pour l’instant.

Une autre fonction qu’Apple a inventé pour aider à la manipulation à une main de l’iPhone 6 et surtout de l’iPhone 6 Plus est un système permettant de descendre l’image affichée afin de rendre accessible sa partie haute.

Reachability sur iPhone 6

Cette fonction plutôt ingénieuse s’active en “double-effleurant” le bouton unique en façade de l’iPhone. Attention, vous devez toucher deux fois le bouton, mais sans l’enfoncer sinon vous risquez de quitter l’application en cours. C’est là que j’ai réalisé que ce bouton, qui fut autrefois le symbole de la simplicité d’usage du premier iPhone, est en fait devenu très compliqué à utiliser. Le bouton est toujours unique, mais possède déjà 5 fonctions différentes:

Toutes ces fonctions sont importantes et accessibles uniquement avec ce bouton. Avouez qu’on a vu plus simple. À choisir, je préfère les différents boutons virtuels bien définis des téléphones Android à ce bouton physique unique d’iPhone à l’usage assez particulier.

Conclusions

Apple nous a encore prouvé qu’il excellait dans la conception matérielle de téléphones haut de gamme, en particulier pour le capteur photo très réussi de ces modèles. Au niveau de l’intégration logicielle de ses appareils par contre, le bilan est plus mitigé. On n’atteint plus le niveau de qualité et d’innovation auxquels nous avait habitués Steve Jobs. C’est bien sûr loin d‘être catastrophique et probablement comparable à certaines autres marques, mais au vu du prix de base de ces nouveaux engins qui est de 700 € pour l’iPhone 6 et 800 € pour l’iPhone 6 Plus, on est en droit d’en attendre bien plus que ce que la concurrence vend à la moitié du prix.

Si c’est l‘écosystème Apple qui vous convient et que vous êtes prêt à payer ce prix, nul doute que ces modèles sont une mise à jour significative par rapport à leurs prédécesseurs. Si vous hésitez entre les deux modèles, sachez que l’iPhone 6 Plus dispose, en plus de son grand écran, d’une autonomie environ 30% plus importante que celle de l’iPhone 6 grâce à une batterie de plus grande taille.

Si par contre vous être plus neutre et que le rapport qualité/prix est plus important pour vous, vous vous détournerez vite de ces nouveaux iPhones au profit de téléphones Android voir Windows Phone. Tous ne sont pas bons mais il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses.

iOS 8 est une mise à jour logicielle qui permet avant tout à cette plate-forme de combler son retard par rapport à Android, et je trouve cela très positif de constater que les 2 OS copient les bonnes idées de l’autre car cela accélère l’innovation mobile dans son ensemble. Les développeurs iOS sont amenés à résoudre des problèmes similaires à ceux des développeurs Android (tailles d‘écrans, NFC, communication entre applications, …) ce qui leur donnera plus de visibilité et permettra probablement une meilleure compréhension des deux systèmes. Donc même si vous n’achetez pas d’iPhone 6, vous pouvez vous réjouir de sa sortie.

BIFFF Movie Guide pour Android

Android

En tant qu’amateur de cinéma, j’ai encore passé un excellent moment cette année au BIFFF. Le BIFFF, c’est bien entendu le Festival International du Film Fantastique de Bruxelles que les autres pays nous envient pour son ambiance si particulière et son public à la fois critique et déjanté. Pour ce cru 2014, nous avons eu droit à 98 films diffusés du 8 au 20 avril au Palais des Beaux-Arts.

Quand

Depuis l’année dernière, l’idée de réaliser une application mobile pour ce festival me trottait dans la tête. J’ai fini par me décider et me lancer dans cette entreprise cette année, 3 semaines avant le début du festival, et tout cela pendant mon temps libre. J’avais déjà une bonne idée de ce que je voulais faire et de comment j’allais le faire donc j’ai pu réaliser cela assez rapidement. Le résultat est BIFFF Movie Guide , ma quatrième application pour Android.

Pourquoi

Pourquoi une application mobile pour le BIFFF? Tout d’abord parce que le site web du festival est loin d‘être pratique et pas du tout adapté aux appareils mobiles, il faut le reconnaître. L’année passée, le site était également particulièrement lent ce qui frênait considérablement l’accès aux informations sur les films. La partie la moins conviviale du site est sans nul doute la page qui reprend le programme : impossible d’avoir une vue claire de ce qui se passe sur cette page. Elle est trop large (inadaptée aux petits écrans), les affiches de films sont trop petites et pas toujours bien alignées avec l’horaire, aucune information sur les films n’y figure et les données des différents jours sont mélangées.

L’autre raison majeure est que le festival se déroule depuis 2 ans aux Beaux-Arts et que dans cet espace il n’y a tout simplement pas de réseau GSM et donc pas non plus de connexion à Internet. Les plus chanceux sont les abonnés Mobistar qui arrivent à avoir un peu de signal près de la buvette mais pour les autres c’est le blackout assuré. Une application mobile fonctionnant hors ligne s’imposait donc comme la solution idéale pour consulter le programme et c’est donc ce que j’ai réalisé.

Il y a aussi des fonctions qu’une application peut offrir et que le site web courant ne peut pas. En l’occurrence, pouvoir composer sa liste de films favoris ou ajouter une séance directement dans l’agenda de son téléphone me paraissaient une évidence. J’ai aussi ajouté la recherche d’un film dans IMDb et le partage sur les réseaux sociaux.

Comment

Étant donné qu’il n’existait pas de source de données reprenant toutes les informations structurées sur les films, j’ai dû créer la mienne. Ma première tâche a été de mettre au point un script qui parcourt toutes les pages du site contenant les informations sur les films afin de créer une base de données sous la forme d’un fichier JSON. Ce script se lançait chaque semaine durant la nuit et constituait 3 fichiers, soit un par langue, stockés sur mon propre serveur. L’application se connecte ensuite sur mon serveur pour récupérer le fichier dans la langue courante et le stocker localement. Le fichier est compressé via gzip pour accélérer le transfert.

Je ne pouvais extraire aucune information exploitable de la fameuse page avec le programme. Heureusement, je n’ai pas eu à le faire car les dates et heures de projection des films sont présentes sur les pages de détail des films et sont donc extraites par le script et inclues dans le fichier. Lorsque l’application mobile charge l’intégralité des données des films en mémoire, elle construit en parallèle le programme en classant les films par ordre chronologique et le tour est joué. Le programme est le premier écran visible à l’ouverture de l’application et il affiche le jour courant par défaut afin de faciliter l’accès à l’information.

L’application permet également de chercher un film par titre ou par nom de réalisateur, ou encore de filtrer la liste des films par genre. Toutes les données du fichier étant chargées en mémoire, ces opérations peuvent être réalisées instantanément.

Les médias des films ne sont pas chargés en même temps que la base de données. Les photos sont récupérées à la demande depuis le site du BIFFF et sont ensuite conservées localement sur le téléphone. Toucher une image miniature sur la fiche d’un film permet d’ouvrir une galerie photo avec les images en pleine taille et qualité maximale. Comme la quantité d’images présente sur le site est assez énorme, seules les dernières images consultées sont conservées, avec une limite de 15 méga-octets. Ces images conservées sont alors disponibles hors ligne lorsque vous êtes aux Beaux-Arts et que vous n’avez pas de réseau.

Les bandes-annonces des films du BIFFF sont hébergées sur YouTube et l’application intègre un simple lecteur vidéo YouTube. Celles-ci ne sont pas disponibles hors ligne.

Au niveau du design, je me suis principalement inspiré du site web du festival avec du texte blanc sur fond noir et des touches de rouge vif, tout en restant dans le style Holo (le thème de base du système Android). J’ai également expérimenté la transparence en utilisant les affiches des films en filigrane sur les écrans de détail. Les écrans ne sont pas optimisés pour tablettes mais rendent quand même très bien sur celles-ci.

À suivre

Tout ce travail au service d’une application éphémère, certes, mais qui pourra servir à nouveau l’année prochaine. En attendant, je l’utilise encore pour garder la trace des films qui ont attiré mon attention et que je n’ai pas eu la chance de voir durant le festival, en vue d’un rattrapage. BIFFF Movie Guide est disponible gratuitement pour Android sur le Play Store et est traduit en français, néerlandais et anglais.

FOSDEM Companion pour Android

Android

Comme chaque année, je me suis rendu début février à la plus grande conférence internationale du logiciel libre: le FOSDEM. Nous avons la chance de pouvoir accueillir cet événement entièrement bénévole dans la ville de Bruxelles, au sein de l’ULB. Pour cette année 2014, j’ai voulu apporter ma pierre à l‘édifice en créant une nouvelle application Android dédiée: FOSDEM Companion.

Il existait déjà une application Android co-créée par 3 développeurs pour l‘édition 2010, qui a su rendre bien des services au fil des ans. En 2013, l’interface a même été améliorée par un autre développeur qui y a ajouté une Action Bar. Pour cette année 2014, j’ai d’abord envisagé de créer un fork (= une version dérivée) de l’application existante dont le code est public, puis j’ai finalement décidé de repartir de zéro sur de nouvelles bases au lieu du code d’il y a 4 ans, pour recréer une expérience similaire mais améliorée avec les dernières techniques de programmation sur Android. Et bien entendu, j’ai également publié le code source de cette nouvelle application sous une licence libre afin que tout le monde puisse en profiter. Celui-ci est disponible sur GitHub.

Mes deux objectifs principaux pour la réalisation de cette nouvelle application étaient l’amélioration des performances ainsi qu’une meilleure ergonomie et un aspect visuel épuré. Je voulais également rendre le code plus modulaire afin de pouvoir plus facilement l’adapter à l’avenir.

En dehors du remaniement de l’interface et de la navigation, j’ai également ajouté quelques fonctions par rapport à l’application précédente:




En plus d’une publication sur le Play Store de Google, j’ai mis à disposition l’application sur F-Droid, le store alternatif contenant uniquement des logiciels libres compilés à partir des sources officielles par le serveur de F-Droid. Ceci garantit à l’utilisateur que l’application qu’il installe sur son appareil correspond bien au code source publié.

FOSDEM Companion a connu un énorme succès durant le week-end du FOSDEM 2014 et a été installé sur environ 2000 appareils à partir du Play Store, sans compter les téléchargements à partir de F-Droid. Lorsque je me suis rendu sur place, je pouvais voir en permanence des gens autour de moi l’utiliser, ce qui m’a vraiment impressionné car je ne m’attendais pas à une telle popularité. Les organisateurs du FOSDEM ont eu la gentillesse de me donner la permission d’utiliser leur nom et leur logo, et m’ont offert un superbe t-shirt de l‘événement. En tous cas, je suis très content d’avoir pu améliorer l’expérience FOSDEM pour les nombreux visiteurs venus des 4 coins du globe et je reviendrai bien entendu l’année prochaine.

Phonebloks: restons réalistes!

Téléphonie

Voilà quelques semaines que les gens font tout un foin sur internet à propos de Phonebloks, un concept de smartphone modulaire créé par Dave Hakkens, un designer hollandais. Le buzz s’est encore accentué dernièrement lorsque Motorola a annoncé son partenariat avec Phonebloks pour le lancement de sa plate-forme expérimentale Ara.

Le concept de téléphone modulaire et extensible n’est pas nouveau: citons par exemple la firme Modu qui a créé en 2009-2010 deux mini téléphones capables d‘être intégrés dans différents boîtiers afin de modifier leurs capacités: un boîtier appareil photo, un boîtier audio hi-fi ou un boîtier avec clavier complet par exemple. Bien entendu les ambitions de Modu étaient plus modestes que celles du concept Phonebloks.

Seulement voilà, entre le concept naïf de la première vidéo de Phonebloks ci-dessus et la réalité physique qui nous entoure, il y a un monde de différences et de contraintes techniques que le grand public n’a pas forcément saisi. Analysons cela en détail de façon pragmatique pour mieux comprendre ce qu’on est vraiment en droit d’attendre d’un tel projet.

L’idée de départ de la vidéo est la suivante: un smartphone où chaque composant est séparé permettrait en théorie de remplacer uniquement le composant ancien ou défectueux, ce qui coûtera moins cher et limitera le gaspillage.

Sauf que dans la réalité, les smartphones d’aujourd’hui existent grâce à leur non modularité: ils sont hautement intégrés et c’est ce qui leur permet d‘être à la fois compacts, légers, peu gourmands en énergie et bon marché.

Toutes les fonctions de base d’un téléphone moderne se trouvent sur une unique puce appelée SoC (System on Chip): microprocesseur central, puce graphique, WiFi, GPS, Bluetooth. Certains SoCs intègrent même le modem GSM. Ceci réduit la complexité de fabrication et les coûts. Les autres composants sont ensuite branchés sur le SoC. Au final, le composant le plus volumineux à l’intérieur d’un smartphone récent demeure la batterie. Ci-dessous, l’intérieur d’un Samsung Galaxy S4 pour illustrer cela.

Les entrailles du Samsung Galaxy S4

Le fait de scinder les différents composants du SoC pour en faire des blocs séparés rendrait les téléphones plus chers et plus volumineux, sans parler du fait que la distance accrue entre ces composants principaux (par exemple entre le CPU et le GPU) augmenterait la consommation énergétique tout en détériorant les performances. Pour transposer ces contraintes réelles dans le monde de Phonebloks, on devrait toujours avoir un “bloc” de base qui contiendrait un SoC, ce qui limiterait déjà beaucoup la modularité par rapport à ce qu’on voit dans la vidéo.

De plus, dans le but de pouvoir remplacer le SoC il faudrait créer un système de connecteur ou “socket” similaire à celui qui permet d’accueillir un CPU sur une carte mère de PC. Ceci contribuerait aussi à l’augmentation du volume et du prix par rapport à un téléphone non modulaire.

Pour le reste, les composants suivants devraient pouvoir être interchangeables sans trop d’efforts, mais toujours avec le même problème potentiel de volume gaspillé entraînant une augmentation de la taille de l’appareil:

Et c’est à peu près tout. Pour moi le fait de pouvoir remplacer l‘écran facilement serait vraiment l’atout principal d’un téléphone modulaire car c’est typiquement la pièce qui casse le plus souvent lors d’une chute et qui est pénible à remplacer.

En résumé, ce qu’il serait possible d’obtenir serait un téléphone modulaire mais pas trop, relativement volumineux et plus cher que la moyenne. Ce coût plus élevé doit être mis en perspective avec la durée de vie plus longue de l’appareil mais aussi avec le coût des modules de remplacement au fil du temps. L’offre a intérêt à être vraiment bien étudiée si elle veut tenter de séduire les consommateurs habitués à des modèles toujours plus puissants, toujours plus compacts, toujours moins chers.

Je n’ai fait qu’effleurer la surface des contraintes matérielles, mais de tels téléphones présenteraient aussi de gros problèmes logiciels à résoudre. En effet, pour que tout cela fonctionne, il faudrait que le système d’exploitation soit capable de reconnaître tous les modules. Pour cela il n’y a que 2 solutions:

Pour créer des téléphones conçus pour durer, il faudrait déjà que les constructeurs commencent par s’engager à fournir des mises à jour logicielles du système d’exploitation de leurs appareils mobiles pendant une durée minimale convenable, par exemple 3 ans comme les derniers iPhone d’Apple. Google vient de faire le contraire en annonçant qu’il ne garantissait la mise à jour logicielle des appareils Nexus que sur une période de 18 mois, ce qui est d’autant plus dommage qu’ils ont annoncé en même temps avoir réduit la consommation de mémoire de la dernière version de leur système d’exploitation Android afin qu’elle fonctionne de façon fluide sur des appareils aux spécifications techniques plus modestes.

En réalité, Google ne veut pas inciter les constructeurs à supporter le matériel plus ancien, il veut simplement inciter les constructeurs à utiliser systématiquement la dernière version d’Android sur tous leurs nouveaux appareils, y compris en entrée de gamme. Les constructeurs, eux, veulent constamment créer de nouvelles générations d’appareils et les vendre pour générer des revenus, et non supporter les anciens modèles. Ceci est en contradiction avec le concept d’un téléphone à longue durée de vie comme Phonebloks.

Pour que cela change il faut que nous, consommateurs, leur fassions comprendre que nous voulons acheter un appareil pas uniquement pour ce qu’il est au jour de l’achat, mais également pour une garantie de support et de mises à jour logicielles sur une longue durée, même si cela implique peut-être d’y investir un peu plus d’argent à l’achat. Certains constructeurs automobiles ont bâti leur réputation sur des garanties longue durée, pourquoi ne pas faire pareil dans le monde des smartphones avec des garanties longue durée de réparation et de mises à jour logicielles? Je pense que ce serait déjà un premier pas modeste mais efficace vers la réduction de l’obsolescence programmée et du gaspillage dans le monde des smartphones.

Ce qui est certain c’est que si une plate-forme de smartphones modulaires voit le jour, elle a intérêt à être supportée sur une très longue durée pour avoir une quelconque utilité, et cela seul le temps nous le dira.

Mise à jour (04/03/2014): Je me dois d‘éditer cet article pour y apporter une note plus positive suite à de nouvelles informations. Le responsable du projet Ara de Motorola, qui appartient désormais à Google, a fait une démonstration de leur prototype de téléphone modulaire à la conférence “Launch” et je dois reconnaître que le résultat était plutôt convaincant. Grâce à un système d’endosquelette compact à connecteurs électro-aimantés, le surplus de volume du téléphone est limité à environ 20%, ce qui reste très raisonnable. Les prix pour les modules de base s’annoncent également démocratiques ce qui est une autre bonne nouvelle. Les modules présentés étaient les suivants: l‘écran, le SoC, la radio (antenne et module GSM/WiFi), la batterie, l’appareil photo (arrière ou avant), les haut-parleurs. La modularité reste limitée comme je m’y attendais mais offre néanmoins des possibilités intéressantes. Les modules suivront un standard ouvert et pourront être créés par tous, ce qui pourrait permettre à cette technologie de vraiment décoller grâce à la valeur ajoutée de modules spécialisés créés par des sociétés indépendantes et compatibles avec un grand nombre d’appareils. Je publierai un nouvel article fin avril après la publication du SDK pour modules afin de vous en dire plus.